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Carol Dweck, professeur de psychologie sociale à Stanford, a effectué de nombreuses recherches sur la motivation et l’intelligence.

Elle en est arrivée à la conclusion que l’on pouvait avoir deux visions différentes de sa propre intelligence.

Daniel Pink nous explique la vision de Carol Dweck dans son ouvrage, « La vérité sur ce qui nous motive ».

Il y a tout d’abord la vision de ceux qui pensent que l’intelligence n’est qu’une entité. Elle existe en nous, sa quantité est définie et nous ne pouvons pas l’accroître. C’est la théorie de l’entité. Il y a ensuite ceux qui pensent que l’intelligence peut varier légèrement d’un individu à l’autre et qu’il est surtout possible – non sans effort – de l’augmenter. C’est la théorie incrémentielle.

Si vous pensez que l’intelligence est une grandeur fixe, alors toute rencontre éducative ou professionnelle devient une mesure de votre propre capacité. En revanche, si vous pensez que l’intelligence est une chose que vous pouvez développer, alors ces mêmes rencontres deviennent des opportunités de progresser. Dans le premier cas, l’intelligence est une chose que l’on peut montrer; dans le deuxième cas c’est une chose que l’on peut développer.

Raisonnons par exemple en termes d’objectifs. Il en existe selon Carol Dweck deux sortes : les objectifs en termes de performance et les objectifs en termes d’apprentissage. Obtenir la note de 20/20 en Anglais est un objectif de performance. Etre capable de s’exprimer en Anglais est un objectif d’apprentissage. Dans plusieurs études elle a constaté que l’assignation à un enfant (par exemple obtenir une bonne note à une interrogation écrite) était une méthode efficace dans le cas de problèmes relativement simples, mais que cette méthode inhibait souvent la capacité de l’enfant à appliquer des concepts à de nouvelles situations. Avec un objectif d’apprentissage, les enfants n’ont pas besoin de s’estimer déjà bons dans un domaine pour s’accrocher et persévérer. Leur objectif est justement d’apprendre, et non de prouver qu’ils sont intelligents.

Les deux théories impliquent deux conceptions très différentes de l’effort. Pour la théorie incrémentielle, l’effort est positif. La capacité étant malléable, travailler plus dur est considéré comme le moyen d’obtenir un meilleur résultat. Au contraire, la théorie de l’entité est un système qui implique une suite de succès faciles. Selon cette conception, si vous êtes obligé de travailler dur, cela signifie que vous n’êtes pas très doué. Les gens choisiront donc des objectifs faciles à atteindre, ce qui leur permettra d’affirmer leurs capacités existantes mais difficilement de les accroître.

Ces deux conceptions engendrent des réponses très différentes face à l’adversité : ceux des élèves qui pensaient que les capacités intellectuelles sont fixes ont rapidement abandonné la résolution des problèmes difficiles et ont attribué les difficultés qu’ils rencontraient à leur manque d’intelligence. Ceux qui avaient un état d’esprit plus souple ont bravé la difficulté et ont déployé des stratégies bien plus inventives pour trouver une solution. A quoi ces derniers ont-ils attribué leur incapacité à venir à bout des problèmes les plus difficiles ? La réponse : ils n’ont pas cherché de responsable… Ils ont considéré que, sur la voie de la maîtrise, les échecs étaient inévitables et qu’ils pouvaient alors baliser le chemin.

Carol Dweck nous enseigne donc à travers ces études et sa théorie que le fait de considérer et de voir que notre intelligence est dynamique (théorie incrémentielle) et non pas statique (théorie de l’entité) nous permettra d’avancer vers la voie de la maîtrise et de l’apprentissage. Tout échec n’est finalement qu’une immense opportunité d’accroître son intelligence. Le comprendre et l’accepter permet de ce fait de continuer son chemin et de chercher sa motivation de façon intrinsèque pour aller de l’avant.

C’est en cela que l’automotivation, élément clé de l’intelligence émotionnelle trouve sa source. Après tout, comme disait Churchill, « la réussite c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ».

Reynald Heckenbenner

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