Pour qui s’intéresse au football américain, nous venons de vivre une saison riche d’enseignement. L’équipe des Aigles de Philadelphie, crée en 1933 vient en effet de remporter son 1er Superbowl après 2 participations s’étant soldées par des défaites. Et pas contre n’importe qui : contre les Patriotes de la Nouvelle-Angleterre, les tenants du titre, sorte d’ogre du foot US comme l’étaient au basket les Bulls de Chicago avec Michaël Jordan dans les années 1990 (ah ma jeunesse…). Cela peut vous sembler abscon d’autant qu’on entend parler en France du Superbowl que pour le coût démesuré des publicités passées à la mi-temps (consumérisme, quand tu nous tiens…).

Mais revenons en à Philadelphie qui a déjoué les pronostics en affichant une saison régulière à 13 victoires pour 3 défaites quand lors des deux exercices précédents ils n’avaient pas dépassé les 7 victoires et ne s’étaient pas qualifiés pour les playoffs, matchs à élimination directe ouvrant la voie de la finale.

Ce qu’il est intéressant de noter ici c’est l’approche de Doug Pederson le coach de l’équipe… Son prédécesseur n’avait pas laissé une bonne image dans le vestiaire. Le propriétaire de l’équipe souhaitait changer les choses et a demandé à Doug Pederson de prendre l’équipe en main en 2015.

Le propriétaire, Jeffrey Lurie, nous explique en 2015 qu’il cherchait un coach doté d’une vraie intelligence émotionnelle. Et ce critère étonnant a semble-t-il été décisif dans la victoire finale 3 ans après. Comme l’explique Jeffrey Lurie, « il y a tout un tas d’excellents entraineurs, ils ont tous leur style, mais le point commun que nous recherchions était la cohérence et l’authenticité. Et c’est ce qu’avait Doug Pederson. Par moment il est vraiment humble, pas moment il est lui-même. Parfois il est radieux et parfois il est dur. Mais il le fait avec authenticité et je crois que les joueurs d’aujourd’hui ont besoin de ça ».

Philadelphia Eagles head coach Doug Pederson

De son côté Doug Pederson nous explique « qu’être dans le vestiaire, c’est comprendre le besoin de l’équipe, ce qu’elle ressent, comment elle doit s’entraîner, comment elle doit jouer, quand enlever les protections et quand les mettre ». Il rajoute : « je pense que tout ça fait partie de l’intelligence émotionnelle que nous avons et que j’essaye de partager avec les gars ».

Nous sommes toujours prompt à comparer le management au sport. Parfois la victoire finale n’est pas que dans la compétition à outrance. Elle est aussi dans l’écoute des émotions de l’équipe, dans l’empathie etc. Et cela n’est possible que si le manager a lui-même cette capacité à ressentir, à écouter, à exprimer la palette complète de ses émotions. Dans une juste cohérence et authenticité… Merci Doug Pederson !

Reynald Heckenbenner

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